Réussir une demande de crédit bancaire
Nous recensons à l'intention des entreprises les bonnes pratiques à mettre en oeuvre ainsi que les éléments indispensables à la constitution d'un dossier de financement à l'attention d'un banquier.
Se positionner face à son banquier
Votre interlocuteur bancaire ne sera probablement pas le décideur final, mais celui qui va être votre « avocat » auprès de sa direction.
Le banquier n'est pas un distributeur automatique de crédits, il prête les capitaux que ses clients lui confient et, en sa qualité de « comptable », il ne prend que des risques très étudiés. Il est donc indispensable d'établir entre le client et le banquier un climat de confiance qui passe, pour le banquier, par la connaissance de l'entreprise qu'il va accompagner tout au long de son parcours.
Il doit donc disposer d'un dossier complet sur l'entreprise et son fonctionnement pour mieux apprécier l'engagement qu'il va prendre.
La confiance passe par la connaissance de l'activité et l'organisation de l'entreprise face à son marché...
Le banquier doit avoir une analyse objective de l'entreprise qu'il va financer et tenir compte :
- des produits ;
- du marché de ces produits et leur évolution ;
- de la concurrence existante et celle possible ;
- de la qualité des moyens d'exploitation (leur valeur marchande) ;
- de ses performances techniques ;
- de l'encadrement ;
- de la qualité et de l'âge du personnel ;
- de la clientèle ;
- de l'importance, en pourcentage du chiffre d'affaires, de ses cinq plus gros clients.
... par une structure financière équilibrée...
Mais son opinion, aussi favorable soit-elle, a ses limites techniques et financières :
- les bases de l'équilibre financier entre les capitaux propres et les dettes à moyen et long terme (à plus d'un an à leur origine) ;
- le quantum de financement des immobilisations à acquérir. La banque finance en effet rarement à 100 % le besoin à couvrir ;
- le rapport entre la charge annuelle de remboursement des dettes à terme avec l'autofinancement net de l'entreprise (bénéfice net + dotations aux amortissements) qui ne devrait pas, en principe, excéder 65 %.
Rappelons que la capacité de remboursement se calcule comme suit :
Bénéfice net |
+ amortissements pratiqués |
- intérêts du prêt demandé et le remboursement annuel des prêts en cours. |
Remarque La capacité de rembourser dépend de l'activité :
- pour les affaires industrielles, elle sera estimée à 50 % du résultat net en tenant compte des amortissements et des renouvellements de matériel ;
- pour les affaires de négoce, on peut aller jusqu'à 60 ou 65 % du résultat net.
... et par la communication de la valeur « marchande » des immobilisations
Il faudra aussi lui communiquer la valeur marchande du matériel ou de l'immeuble qui n'a quelquefois rien à voir avec celle inscrite au bilan. En effet, l'outil immobilier peut être utilisé pour compléter ou garantir le financement bancaire.
Le dossier à remettre au banquier
Le dossier à remettre au banquier couvrira systématiquement les thématiques suivantes.
La présentation de l'entreprise
Une entreprise, ce n'est pas seulement un bilan et un compte de résultat, c'est aussi :
- un nom, quelquefois un renom ;
- un métier ;
- une compétence : un chef d'entreprise, des collaborateurs ;
- des clients, des fournisseurs...
L'entreprise et son marché
Activité à détailler.
Produits, en distinguant ceux propres à l'entreprise, ceux donnés en sous-traitance, ceux sous-traités.
Degré de dépendance vis-à-vis des clients (pourcentage des trois ou cinq plus gros clients) et vis-à-vis des fournisseurs.
Positionnement sectoriel.
Le cas particulier du financement d'une transmission d'entreprise
-> Pour financer une transmission, le banquier doit porter un jugement sur le repreneur auquel il va apporter son concours :
- aura-t-il les moyens d'assurer la pérennité de l'entreprise qu'il achète ?
- pourra-t-il conserver en l'état sa clientèle, d'une part, son personnel (en aura-t-il la maîtrise ?), d'autre part ?
- maintiendra-t-il le chiffre d'affaires réalisé par le cédant et la rentabilité actuelle sur lesquels le concours bancaire sera basé ?
-> Le volume du prêt accordé au repreneur sera limité par la capacité d'endettement. Il ne pourra pas dépasser les 2/3 du prix de cession ou de la valeur estimée de l'entreprise.
Appel à des sous-traitants (faire ou faire faire...).
Dépendance des donneurs d'ordre : sous-traitances de technologie, de capacité, à façon ou sur des produits achetés.
Mode de règlement et délais des clients et des fournisseurs.
Financement du poste clients (affacturage, escompte, Dailly ou crédit de campagne).
L'entreprise et ses moyens d'exploitation
Locaux (locataire ou propriétaire).
Matériel : à quel prix l'entreprise serait-elle disposée à acquérir le matériel qu'elle utilise dans l'état où il se trouve ? Importance, durée de vie, achat annuel, financement (durée des concours).
Assurance perte d'exploitation - homme clé.
Équipe apportant des compétences complémentaires autour du chef d'entreprise, pour les TPE, ou effectif salarié, pour les PME :
- composition (épouse, famille, cadres (âges, fonctions), employés (qualification) ;
- âge moyen des salariés, ancienneté, expérience.
Le cadre juridique de l'entreprise
Le chef d'entreprise : âge, formation, situation de famille.
Origine de l'entreprise : création, achat, succession.
Mode d'exploitation :
- s'il s'agit d'une affaire personnelle, y-a-t-il des conseils (centre de gestion agréé, expert comptable, avocat) ?
- si l'entreprise est sous forme de société (SARL, EURL, SAS, SA), qui sont les associés ? Quelles sont leurs conditions de sortie ?
L'affaire personnelle a-t-elle été transformée en société pour la protection de l'exploitation ?
L'avenir de l'entreprise
Évolution du marché.
Évolution de l'entreprise sur son marché (ses limites sur le plan géographique).
Pour une TPE, exploitation jusqu'à la retraite ou bien projet de cession avant la retraite du chef d'entreprise, possibilité de succession familiale ?
Cohérence avec la documentation comptable.
Éléments prévisionnels
Plan de financement.
Plan de trésorerie.
Vous pouvez retrouver l'intégralité de cette article dans les dossiers mensuels de la Revue Française de Comptabilité.